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Observatoire Volcanologique du Karthala
Cratère du volcan Karthala


Observatoire Karthala
Le volcanique du Karthala sous surveillance permanent depuis 1986 grâce à l'Observatoire

L’Archipel volcanique des Comores constitue par maints aspects un pôle d’intérêt scientifique de tout premier ordre. L’implantation d’un observatoire volcanologique permanent sur le Karthala et les premières études exhaustives des volcans de la Grande Comore contribueront à renforcer cet attrait pour la volcanisme comorien et à prévenir les risques volcaniques et leurs conséquences notamment sur la patrimoine culturel.

Les Comores, compte tenu de sa nature géologique, est sous la menace permanente du volcan Karthala. Le massif du Karthala constitue à lui seul environ les deux tiers de l’île de la Grande Comore. Ce volcan bouclier basaltique est caractérisé par l’importance de deux importants rift zones, diamétralement opposés de part et d’autre d’une caldeira sommitale résultant de la coalescence de plusieurs unités d’effondrement. Sur les flancs sud et est du volcan, des zones présentant une morphologie concave et de fortes pentes sont interprétées comme de vastes amphithéâtres en tête de larges glissements de flancs. Au cours de la période historique (à partir de 1850), 18 éruptions ont été observées. L’activité est essentiellement de type hawaïen (comme le piton de la Fournaise à la Réunion ) avec toutefois des épisodes stromboliens violents comme l’éruption de 1918).

Pour plus de détail , le lecteur peut se référer à la notice explicative de la carte volcano-tectonique de la Grande Comore (Ngazidja)

Selon les recherches scientifiques en cours, même si on note une plus forte probabilité d’occurrence dans la région Sud Ouest de l’île, on ne pourra pas non plus écarter l’éventualité d’une éruption volcanique sur n’importe quelle région de l’île de Ngazidja. Plusieurs volcans ont été en activité un peu partout sur l’île et un volcan n’est considéré éteint qu’après plusieurs million d’années d’inactivité.

Les risques liés à l’activité du volcan sont de nature diverse, coulées de laves, émanation de gaz toxiques (H2S ; CO2 ; SO2, H2S, HCI) Notons qu’à long terme ces panaches modifient l’environnement (acidification du milieu)., tremblements de terre violents. Ces émanations peuvent être émises dans toutes les zones situées dans des grandes fissures (axe Nord/Sud/Sud-Est), notamment dans celle des fissures radiaires situées de part et d’autre de la caldeira sommitale, mais aussi sur des flancs de basse altitude dans les zones habitées (par.exemple éruption d’avril 1977). Dans l’histoire de l’humanité, plusieurs cas de sociétés décimées et de patrimoine détruit par des catastrophes de cette nature sont très bien connus sur tous les continents aussi bien dans l’histoire ancienne que récente. Heureusement, si ces catastrophes ne peuvent être totalement évitées, on est tout à fait capable aujourd’hui avec le développement scientifique et technologique, de minimiser ou de limiter les effets néfastes associés à ces catastrophes.

C’est pour cela que l’importance de la gestion des catastrophes comme partie intégrante du processus de développement économique et social est reconnue par les organismes internationaux notamment par le Département des Affaires Humanitaires du Programme des Nations Unies pour le Développement. Car les investissements consentis pour le développement peuvent être soudainement détruits par les catastrophes si aucune action préalable de prévention n’est envisagée.

Conscient de ce danger permanent, le Gouvernement Comorien en partenariat avec le Service français de coopération et d’action culturelle a mis en place l’Observatoire volcanologique du CNDRS (Centre National de documentation et de Recherche Scientifique). Ce dernier abrite à la fois Musée, les Archives et Bibliothèques et d’importants départements de recherches. Il est à la fois un pôle scientifique et culturel.


Un Observatoire volcanologique assure une surveillance de l’activité du volcan

L’Observatoire Volcanologique du Karthala (OVK) a été crée en 1986 avec une double mission :

Surveillance permanente de l’activité du Volcan

Recherche Scientifique pour mieux connaître, les structures internes du volcan, la géologie et comprendre les mécanismes de son activité.

Dans le cadre de l’OVK, plusieurs travaux ont été réalisés en partenariat avec l’Université de la Réunion, l’OVPF (Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise – Réunion) et l’IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris). Parmi ces travaux  on peut noter :

L’élargissement et la classification de système de surveillance du Karthala qui comprend

  • Un réseau sismique local
  • Un réseau d’inclinomètres
  • Un réseau géodésique
  • Un système d’extensomètres

Des recherches Scientifiques sur les éruptions du Karthala ainsi qui sur ses structures géologiques internes avec des développement sur le dommage et la cartographie du risque.

La formation de cadres comoriens à la recherche

L’Observatoire Volcanologique du CNDRS qui assure depuis 1986 une mission importante de surveillance et de prévention du risque lié à l’activité du volcan a permis de prédire et de prévenir l’éruption phréatique (explosion à l’intérieur du cratère provoquée par le contact entre le magma chaud en profondeur et une nappe d’eau) de 1991.


Un Plan de gestion de risque en cours d’élaboration

En outre, Nous sommes en train d’élaborer un Plan de gestion du risque lié au Karthala et de sécurisation du patrimoine en cas d’éruption. Ce plan sera nourri des travaux scientifiques en cours et cela en partenariat avec l’Université de la Réunion, l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (la Réunion).

Tout cela devra s’intégrer dans un système de gestion des catastrophes dont l’objectif est de minimiser leurs impacts négatifs sur l’environnement économique, sociale et culturel.

Ce système de gestion précisera pour chaque type de catastrophe et pour chaque secteur les actions de prévention à mener avant l’instant de la catastrophe d’une part et les mesures réactives à prendre pendant et après la catastrophe. Le secteur des biens culturels est plus vulnérable d’autant plus qu’ils ne peuvent pas être reconstruits ou reproduits comme les autres biens des secteurs industriels et économiques. Une attention toute particulière sera portée à leurs égard dans le plan de gestion des catastrophes.