L’Archipel volcanique des Comores constitue par
maints aspects un pôle d’intérêt scientifique de tout premier
ordre. L’implantation d’un observatoire volcanologique permanent
sur le Karthala et les premières études exhaustives des volcans
de la Grande Comore contribueront à renforcer cet attrait pour
la volcanisme comorien et à prévenir les risques volcaniques et
leurs conséquences notamment sur la patrimoine culturel.
Les Comores, compte tenu de sa nature géologique,
est sous la menace permanente du volcan Karthala. Le massif du
Karthala constitue à lui seul environ les deux tiers de l’île
de la Grande Comore. Ce volcan bouclier basaltique est caractérisé
par l’importance de deux importants rift zones, diamétralement
opposés de part et d’autre d’une caldeira sommitale résultant
de la coalescence de plusieurs unités d’effondrement. Sur les
flancs sud et est du volcan, des zones présentant une morphologie
concave et de fortes pentes sont interprétées comme de vastes
amphithéâtres en tête de larges glissements de flancs. Au cours
de la période historique (à partir de 1850), 18 éruptions ont
été observées. L’activité est essentiellement de type hawaïen
(comme le piton de la Fournaise à la Réunion ) avec toutefois
des épisodes stromboliens violents comme l’éruption de 1918).
Pour plus de détail , le lecteur peut se référer
à la notice explicative de la carte volcano-tectonique de la Grande
Comore (Ngazidja)
Selon les recherches scientifiques en cours,
même si on note une plus forte probabilité d’occurrence dans la
région Sud Ouest de l’île, on ne pourra pas non plus écarter l’éventualité
d’une éruption volcanique sur n’importe quelle région de l’île
de Ngazidja. Plusieurs volcans ont été en activité un peu partout
sur l’île et un volcan n’est considéré éteint qu’après plusieurs
million d’années d’inactivité.
Les risques liés à l’activité du volcan sont
de nature diverse, coulées de laves, émanation de gaz toxiques
(H2S ; CO2 ; SO2, H2S, HCI) Notons qu’à long terme ces panaches
modifient l’environnement (acidification du milieu)., tremblements
de terre violents. Ces émanations peuvent être émises dans toutes
les zones situées dans des grandes fissures (axe Nord/Sud/Sud-Est),
notamment dans celle des fissures radiaires situées de part et
d’autre de la caldeira sommitale, mais aussi sur des flancs de
basse altitude dans les zones habitées (par.exemple éruption d’avril
1977). Dans l’histoire de l’humanité, plusieurs cas de sociétés
décimées et de patrimoine détruit par des catastrophes de cette
nature sont très bien connus sur tous les continents aussi bien
dans l’histoire ancienne que récente. Heureusement, si ces catastrophes
ne peuvent être totalement évitées, on est tout à fait capable
aujourd’hui avec le développement scientifique et technologique,
de minimiser ou de limiter les effets néfastes associés à ces
catastrophes.
C’est pour cela que l’importance de la gestion
des catastrophes comme partie intégrante du processus de développement
économique et social est reconnue par les organismes internationaux
notamment par le Département des Affaires Humanitaires du Programme
des Nations Unies pour le Développement. Car les investissements
consentis pour le développement peuvent être soudainement détruits
par les catastrophes si aucune action préalable de prévention
n’est envisagée.
Conscient de ce danger permanent, le Gouvernement
Comorien en partenariat avec le Service français de coopération
et d’action culturelle a mis en place l’Observatoire volcanologique
du CNDRS (Centre National de documentation et de Recherche Scientifique).
Ce dernier abrite à la fois Musée, les Archives et Bibliothèques
et d’importants départements de recherches. Il est à la fois un
pôle scientifique et culturel.